Transmédias

Les univers geek sont-ils, par définition, propices au transmédia ? En quoi la multiplicité des lignes narratives concomitantes rend elle la compréhension d’un récit plus abordable et plus enrichissante ? Voilà bien des thèmes pompeux dignes de chercheurs en sciences humaines. Mais de quoi parlons nous ?

Le transmédia. Un genre narratif relativement récent issues de la culture geek. Le transmédia c’est l’art de raconter plusieurs pans d’une même histoire sur des médias différents en évitant la redondance et les incohérences. Prenons un exemple archi-connu : Star wars.

Star wars pour beaucoup de monde, ce sont les films. 6. une double trilogie et un septième en production. C’est aussi beaucoup de merchandising avec des petits Dark vador ou chewbacca qui viennent se nicher depuis les paquets de lessive jusqu’au pyjama de nos enfants. Mais c’est aussi beaucoup plus que ça. On ne compte plus aujourd’hui les livres, bandes dessinés, les séries, les jeux vidéos autour de cette licence. C’est ce que l’on appelle l’univers étendu. La particularité de cette univers étendue c’est qu’une même histoire n’est jamais censé être raconté deux fois sur deux médias différents. Dans la réalité quelques exceptions viennent confirmer la règle, mais globalement c’est assez vrai. Ainsi, les histoires développées dans les BD clone wars prennent place entre les films 2 et 3 de la deuxième trilogie. La série animé Clone Wars raconte aussi des événements se déroulant entre ces deux épisodes, mais sans recoupement avec les BD. Par ailleurs les jeux vidéos Knight Of the old republic prennent place dans le même univers mais des années avant les événements se déroulant dans les deux trilogies. Et bien d’autres exemples sont possibles.

Pour le public, les portes d’entrée dans l’univers Star Wars sont multiples et les fans, en multipliant les médias, découvrent de nouvelles parties de l’univers sans avoir l’impression de lire, de voir ou de jouer sans arrêt la même histoire.

L’univers de Dofus est dans le monde francophone un autre excellent exemple. Dofus à l’origine est un mmorpg, comprenez un jeu de rôle en ligne massivement multijoueur. Du jeu vidéo est issue une série animé, wakfu, puis un second jeu vidéo, un jeu de cartes à collectionner, et un manga. A chaque fois les créateurs, la société de production Ankama, s’emploie à diversifier les médias, et les axes narratifs.

Parmi les licences transmédia les plus célébres ou les plus prisé du moment on peut citer Pokémon, Matrix avec des clins d’oeil entre les différents supports, des clins d’oeil non indispensable à l’histoire, mais qui ravissent les fans, Le Visiteur du futur et HeroCorp, deux webséries françaises qui se sont déclinés en e-book, en livre numérique et en BD.

Mais revenons à la question de départ. En quoi les univers geek se prêtent-ils bien au transmédia ? Déjà parce que le geek est par nature un fan, un passionné et qu’il aura tendance plus que les autres à creuser les différentes facettes d’une même histoire. Ensuite parce que ces univers reposent sur l’imaginaire, que ce soit de la science fiction ou de la fantasy et ceci non seulement au niveau des personnages, mais aussi au niveau des décors. Ainsi explorer librement la terre du milieu, le monde du seigneur des anneaux et du hobbit, dans un jeu vidéo est encore plus savoureux que d’en lire une description. Enfin parce que les geeks sont a l’aise aussi bien avec le cinéma que la bande dessinée, avec les jeux de plateau que les jeux vidéos.

C’est aussi pour ça que nous avons choisit pour générations geek d’aborder pour chaque émission une thématique différente, d’en voir les différents aspects, les réussites et les échecs en fonction des supports, et surtout de vous en faire découvrir le meilleur, afin que vous puissiez vous aussi parcourir ces mondes sur le média de votre choix.

A propos Fabien RILLET 28 Articles
Bon, il aurait eu un vrai domaine d’expertise, ce n’est sans doute pas lui qui aurait été choisit pour être rédac’ chef. Mais comme son plus grand talent c’est sans doute d’être capable de parler même quand il n’y a rien à dire, et aussi parce qu’il a supplié tout le monde inlassablement, il se retrouve là.