Critique de « Bright », de David Ayer

C’était franchement pas top. Passée l’originalité du concept consistant à projeter des personnages du « seigneur des anneaux » dans le Los Angeles contemporain, le film ne propose pas grand chose d’autre.

En fait, ce concept WTF est même le problème : dans une série, on aurait eu le temps de le rendre crédible progressivement. Mais ici dans un film de 2h, pour que ça reste crédible il faut tout mettre mais en le condensant à mort. Or le temps qu’on ait enfin présenté tous les sous-concepts du film (les orcs, les fées, les brights, les inferni, le bouclier de lumière, les baguettes, l’UIM, Jirak, etc), on n’a pas eu le temps de voir un vrai film. Passé ce côté « scènes d’exposition permanentes », le reste est vide. Et qu’on ne me parle pas de la critique sociale du film : oui, bien sûr. Mais j’ai vu beaucoup d’autres films qui proposaient la même, sans intégrer des histoires de sorciers en plus, et qui faisaient mieux le taf… L’univers du film est inutilement compliqué, l’histoire elle est assez creuse.

Et puis, malgré la richesse supposée de cet univers de fiction, le mélange de tons ne prend jamais vraiment : après 1h de scènes en mode « guerre de gangs » (entrecoupées des scènes d’exposition ci-avant évoquées), les 2 scènes finales purement basées sur le côté magique donnent l’impression de sortir de nulle part et paraissent limite nanardesques !

 

Bref. Reste un film correct sur la forme, avec des acteurs qui jouent pas trop mal (bon… Will Smith fait du Will Smith… mais c’est toujours mieux que ses derniers films où il jouait une caricature de lui-même !), et l’originalité du concept reste à souligner malgré son traitement bâclé (tellement rare les films qui osent aujourd’hui !). Mais bon, c’est surtout un bel emballage… On verra bien avec « Okja ».